Caméras

Récemment, un ami (E.H) dont le sujet d'étude a très longtemps été la vidéo-surveillance, me faisait part de son étonnement devant les comportements de ses contemporains face aux caméras. Une  majorité d'entre nous peut se filmer en cassant des vitrines, habillant une statue de la liberté avec un gilet jaune, ou encore en laissant un message de désespoir ou d'appel à la révolte, puis en publiant ces vidéos sur les réseaux sociaux. Les mêmes se révolteront devant une société à la Big Brother surveillant tout grâce aux caméras de vidéo-surveillance - on dit aujourd'hui par décret de 2012 vidéo-protection - et dont les images prennent le dessus.
Quelle explication proposer ? Nous voulons exister face aux nôtres, faire savoir que nous sommes comme eux, révoltés, pauvres ou cherchant la notoriété. Et nous ne voulons pas être vus par ceux que nous ne voulons pas voir.
Bien sur, les forces de police utilisent tout autant les vidéos prises par des dispositifs institutionnels que les autres issus des réseaux sociaux et capturés par ceux-là mêmes qui sont rebutés par ce "flicage".