La suspension du refus de croire

Appelée parfois  "Suspension de l'incrédulité", difficilement traduisible en français à cause de la double négation rencontrée dans la version originale anglaise ("The willingness not to disbelieve in"), ce comportement apparaît en général face à une fiction (écrite, vidéo, audio). L'homme arrête un instant, comme s'il pendait avoir de bonnes raisons de se le permettre face à une fiction, de ne pas croire aux choses qu'il lit, voit, entend. 
C'est un comportement très étonnant : il nous semblait plutôt  que l'humain est crédule, avale trop facilement les couleuvres qu'on met à sa disposition : publicités, programmes politiques au contenu communiquant bien structuré, théories du complot,et de façon générale n'importe quelle histoire qu'on lui raconterait pour le "bercer". Et voilà la théorie qui tue : le gars ou la fille se fait  juste plaisir en arrêtant, un instant de ne pas croire en ses fadaises. 
L'homme est très naturellement un croyant, ne serait-ce que parce que son cerveau lui raconte l'histoire de sa propre vie. Mais à tout moment, il peut se rappeler que c'est une fiction, et que même s'il aime bien les histoires, il n'est pas obligé d'y croire.